RSE

La responsabilité sociétale comme levier stratégique de l’entreprise

Alors que la réglementation européenne se durcit et que les attentes sociétales s’intensifient, certaines entreprises font le choix de l’anticipation, à l’instar du Groupe APICIL. Fort de son ADN mutualiste, le groupe structure sa RSE autour de trois piliers cohérents avec ses métiers de protection sociale et patrimoniale.

De l’anticipation volontaire de la directive CSRD à l’intégration de la RSE comme un axe majeur de son plan stratégique « Impulsions 2028 », APICIL conjugue vision de long terme et adaptation aux bouleversements contemporains.

« Impulsions 2028 » : quand le long terme rencontre l’urgence

Dans un monde marqué par les bouleversements réglementaires, géopolitiques, climatiques et sociétaux, comment une entreprise peut-elle rester fidèle à son ADN tout en répondant aux urgences du présent ? C’est l’enjeu du plan stratégique « Impulsions 2028 » du Groupe APICIL.

Lancé début 2025, il réserve une place centrale à la RSE tout en la faisant évoluer pour intensifier l’action climatique et faire de la RSE un véritable outil de pilotage stratégique. « Des objectifs RSE seront intégrés dans le pilotage de chaque direction et de chaque métier : La RSE doit infuser dans toutes les activités du groupe », explique Anne-Sophie Petit, responsable RSE du groupe.

Les trois piliers historiques – inclusion, protection sociale durable et environnement – sont maintenus, mais renforcés, « avec des enjeux plus forts sur la partie environnementale et sur la gouvernance de la RSE au niveau du groupe », précise Anne-Sophie Petit.

Cette approche incarne un équilibre particulier : celui qui allie le temps long – celui d’un modèle mutualiste historique pensé pour protéger « toutes les vies, toute la vie », mais aussi celui des transformations sociétales qui nécessitent plusieurs années pour porter leurs fruits – et le temps court des urgences contemporaines. Entre vision durable et adaptation rapide, APICIL fait de cette tension un levier stratégique.

Protection sociale durable : l’excellence au service du client

Premier pilier, la protection sociale durable place le client au cœur de toutes les préoccupations. Cette orientation se traduit par des actions concrètes, à commencer par la formation. Tous les salariés du groupe, y compris les fonctions support, ont suivi le module « COS in Mind » (Customer Orientation Spirit in Mind), un e-learning obligatoire qui sensibilise chacun à l’impact de son travail sur l’expérience client.

Les résultats se mesurent : le Net Promoter Score (NPS) du groupe (qui mesure la satisfaction client) progresse chaque année, passant de + 34 en 2021 à + 41 en 2024. « C’est un très bon score pour notre secteur d’activité », rapporte Anne-Sophie Petit. « Cette progression constante montre que nos efforts portent leurs fruits. »

La démarche s’étend aux achats. Les consultations intègrent désormais systématiquement 20 % de critères RSE dans leur grille de notation. « C’est notre façon de choisir nos fournisseurs et prestataires en tenant compte de leurs engagements sociétaux et environnementaux », précise la responsable RSE. Une approche qui conjugue impact immédiat sur la chaîne de valeur et transformation progressive de l’écosystème de partenaires.

Inclusion : faire évoluer la société en profondeur

Alors que ses métiers accompagnent depuis toujours les personnes en situation de vulnérabilité, de maladie ou de handicap, APICIL réserve à l’engagement sociétal une place essentielle dans son fonctionnement et sa gouvernance. Convaincu que l’inclusion est une source de performance pour les entreprises, le groupe souhaite avoir une action forte pour faire progresser la société sur cette thématique.

Cet engagement se traduit à plusieurs niveaux. En interne, un accord d’entreprise diversité et inclusion a été renouvelé en 2024. Les chiffres témoignent de cette politique : index égalité femmes-hommes à 81/100 et taux de personnes en situation de handicap à 6,5 %, au-delà de l’obligation légale.

Pour les assurés, le groupe a anticipé la réglementation (RGAA 4) en adaptant 20 de ses sites internet aux normes d’accessibilité numérique, avec des taux de conformité allant jusqu’à 100 %. Plus de 12 millions d’euros ont été consacrés en 2024 à des aides individuelles et au mécénat, soutenant notamment les Cafés Joyeux de Lyon, la maison des femmes de Marseille ou des projets d’immunothérapie.

Au-delà de ses propres pratiques, le groupe développe des initiatives visant à diffuser largement ses convictions : le site monentrepriseinclusive.com partage gratuitement des bonnes pratiques, tandis que le partenariat avec la Fédération Française de Rugby impose l’égalité des primes de match entre équipes masculine et féminine et permet de développer des « sensory room » dans les stades pour les spectateurs présentant des troubles du spectre autistique. Une première en France qui illustre la capacité du groupe à innover sur des sujets de société.

Si certaines actions produisent des résultats mesurables à court terme, la véritable ambition d’APICIL se situe sur le temps long : contribuer à faire évoluer les mentalités et les pratiques dans l’ensemble de la société. Une transformation profonde qui nécessite persévérance et constance – et dont les effets se mesureront en années, voire en décennies, plutôt qu’en trimestres.

Environnement : répondre à l’urgence et garantir l’avenir

Si l’inclusion trouve ses racines dans les fondements du Groupe APICIL, l’environnement représente un enjeu plus récent, dont la montée en puissance illustre la capacité du groupe à répondre simultanément à l’urgence climatique et à construire un avenir durable.

Face à l’urgence, les résultats sont déjà tangibles : le groupe a réduit de 50 % ses émissions directes (scope 1 et 2) entre 2019 et 2024, grâce à des mesures concrètes comme la politique zéro papier, les mobilités douces au nouveau siège social lyonnais ou l’allongement de la durée de vie des équipements informatiques.

Pour garantir l’avenir, le groupe structure sa trajectoire climatique. D’ici 2028, il étendra son bilan carbone à toutes ses entités pour disposer d’une vision complète de son empreinte. « Notre objectif est d’avoir un bilan carbone qui soit le plus représentatif possible », détaille Anne-Sophie Petit. « Une fois que nous aurons cette vision complète, nous pourrons construire une trajectoire climatique avec des objectifs précis et des actions concrètes à déployer. »

Cette trajectoire prendra forme avec l’élaboration d’un plan de transition climatique qui tiendra compte des objectifs à horizon 2030 et 2050. Un engagement de long terme qui concerne aussi les investissements socialement responsables, levier majeur pour un assureur qui gère d’importants portefeuilles d’actifs. En 2024, 80 % des investissements intègrent des critères ESG et 14 M€ ont été investis en faveur de la transition.  Car au-delà des réductions d’émissions immédiates, l’enjeu est bien celui d’une transformation en profondeur des modèles économiques et des comportements pour assurer la viabilité de notre planète.

CSRD : préparer aujourd’hui, transformer demain

L’anticipation de la directive européenne CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive) incarne, elle aussi, l’équilibre entre urgences immédiates et vision de long terme. Alors que la réglementation n’entrera en vigueur qu’en 2028 pour APICIL, le groupe a choisi de faire évoluer dès 2026 son rapport extra financier pour se conformer progressivement à ses exigences. « Nous avions commencé à nous préparer quand nous étions soumis à l’obligation sur l’exercice 2025 », raconte Anne-Sophie Petit. « Plutôt que de tout arrêter après le report du calendrier, nous préférons capitaliser sur nos travaux et continuer. »

À court terme, cette anticipation permet de préparer l’organisation : monter en compétence les collaborateurs, fluidifier les processus en créant des passerelles entre performance financière et extra financière, ancrer progressivement le reporting RSE dans les pratiques.

Mais l’ambition va bien au-delà de cette préparation opérationnelle. « L’idée, c’est d’embarquer les collaborateurs, de montrer que la RSE peut servir le pilotage d’une activité, qu’elle sert une stratégie », insiste Anne-Sophie Petit.

Plus largement, l’enjeu de la CSRD dépasse la simple conformité réglementaire. En imposant transparence et mesure systématique des impacts environnementaux et sociaux, la CSRD doit accélérer un changement sociétal profond : rendre les entreprises plus responsables, permettre aux parties prenantes de comparer et d’évaluer, orienter les investissements vers des modèles durables. Une transformation qui nécessitera plusieurs années pour produire ses pleins effets, mais qu’APICIL choisit d’anticiper dès maintenant.

Dans un secteur de la protection sociale historiquement tourné vers le temps long, le Groupe APICIL démontre qu’urgence et vision ne sont pas contradictoires. En transformant cette tension en moteur stratégique, le groupe réinvente un modèle mutualiste pour répondre aux défis du XXIe siècle. Une approche pionnière qui interroge : comment concilier performance immédiate et transformation durable ? La réponse d’APICIL : en faire les deux faces d’une même stratégie.