APICIL Aidance, une offre construite avec ceux qui la vivent

En France, une personne sur cinq est aujourd’hui en situation d’aidance, soutenant un parent, un enfant, un conjoint ou un proche en situation de fragilité. Dans la moitié des cas, l’aidant exerce simultanément une activité professionnelle.

Face à cette réalité, amenée à prendre de l’ampleur, le Groupe APICIL a choisi une méthode singulière pour concevoir sa nouvelle offre dédiée aux salariés aidants : associer directement des collaborateurs concernés à sa construction.

Julie Muscedere, responsable du service Veille et Support Marchés à la Direction de l’Offre Santé-Prévoyance, et Sybille VACHETTE, collaboratrice du Groupe et ancienne aidante, reviennent sur cette démarche de co-construction.

En quelques mots, pouvez-vous présenter cette nouvelle offre à destination des entreprises et sa genèse ?

Julie Muscedere : En prévoyance, nous assurons classiquement l’arrêt de travail, l’invalidité et le décès, en individuel comme en collectif. Mais nous avons constaté que de plus en plus de salariés traversaient des situations de vie, qui ne rentraient dans aucune de ces cases : l’aidance. Cette situation touchait nos équipes, en interne, et des entreprises clientes commençaient à nous solliciter sur le sujet, sans que nous ayons de réponse assurantielle à leur apporter. Autre signal fort qui nous a incité à nous emparer du sujet : lorsque nous avons interrogé nos parties prenantes sur leurs priorités RSE en janvier 2025, l’aidance est ressortie comme l’un des trois thèmes prioritaires, aux côtés du cancer et de la santé mentale.

Concrètement, aujourd’hui, APICIL AIDANCE est une offre à la fois assurantielle et servicielle. Sur le volet financier, nous complétons la perte de salaire liée à la prise d’un congé légal, tel que le congé de solidarité familiale ou le congé de présence parentale, qui n’est pas rémunéré par l’employeur.

Le volet serviciel s’articule autour de trois briques. Tout d’abord, le care manager, pierre angulaire du dispositif, qui accompagne l’aidant tout au long de son parcours : questions logistiques et administratives, recherche de partenaires, etc. Le Sensi Diag ensuite, un questionnaire d’auto-évaluation anonyme conçu par le Groupe JLO, filiale du Groupe APICIL spécialisée en QVCT, qui permet à chacun de prendre du recul sur sa situation. Un bilan nécessaire quand on sait qu’un aidant sur deux ne se reconnaît pas comme tel. L’outil n’a pas vocation à identifier les aidants auprès de leur employeur, mais à servir le salarié lui-même. Enfin, un module de sensibilisation et de formation destiné aux managers et RH : en interrogeant une quarantaine d’entreprises pendant la construction de l’offre, nous avons constaté qu’elles se sentaient démunies face à ces situations, sans connaissance des dispositifs légaux.

Comment est née l’idée de consulter les salariés aidants d’APICIL ?

Julie Muscedere : Consulter en amont d’une offre n’est pas nouveau chez nous : nous menons régulièrement des tests de pré-commercialisation, en interrogeant clients, prospects ou distributeurs, soit très tôt pour identifier un besoin, soit une fois le produit terminé pour l’améliorer et le valider. Pour l’aidance, nous avons voulu aller plus loin : associer les salariés concernés tout au long de la construction, et pas seulement à ces deux étapes.

Nous avions déjà quelques échanges informels avec des collègues aidants, mais nous nous sommes vite rendu compte que les besoins varient énormément selon la situation : accompagner un parent, un enfant, un frère ou une sœur ne mobilise pas les mêmes ressources. Nous avons donc lancé un appel à volontariat auprès de l’ensemble des salariés, pour obtenir un panel le plus représentatif possible des différentes situations que peuvent rencontrer les aidants afin d’élaborer une offre utile au plus grand nombre.

Sybille Vachette : Si j’ai rejoint les volontaires, c’est parce que j’ai moi-même accompagné mon père, atteint d’une maladie neurodégénérative, pendant cinq ans. Mais ce vécu ne suffit pas à tout expliquer : il y avait aussi le bon moment. Quand l’appel à volontariat est arrivé, à l’automne dernier, j’avais fait mon deuil, j’étais apaisée. Pendant la maladie, en revanche, j’aurais été bien en peine de contribuer utilement : mère de trois enfants, active professionnellement, j’étais alors trop affectée pour savoir où mettre le curseur entre l’essentiel et le reste. C’est cette distance retrouvée qui m’a permis de transformer mon expérience en quelque chose de constructif.

Ma démarche était aussi nourrie, et continue de l’être, par une forme de colère face au peu d’écho que ce sujet trouve encore dans le débat public.

Concrètement, comment la parole des salariés aidants a-t-elle été recueillie ?

Julie Muscedere : Nous avons organisé un atelier d’une journée, en octobre, réunissant une petite dizaine de volontaires sans aucune sélection préalable. Nous avons réuni des profils variés : gestionnaires, commerciaux, salariés de la santé-prévoyance… en différentes situations d’aidance, accompagnant un parent âgé ou un enfant en situation de handicap. Autant de réalités différentes que nous tenions à intégrer dans la réflexion. Nous avons travaillé sur les irritants du quotidien, puis sur les concepts mêmes de l’offre, ses modules. Nous avons ensuite tenu les participants informés de l’avancement du projet, y compris sur les idées que nous n’avions pas pu garder, et certains ont été resollicités lors du lancement de l’offre.

Sybille Vachette : Avant même de parler de concepts ou de modules, chacun a partagé sa situation, ses difficultés. Malgré des réalités très différentes, une belle harmonie s’est installée, et j’ai réalisé que je n’étais pas seule dans ce que j’avais vécu. C’était rassurant, et ça a créé une vraie confiance entre nous pour la suite des échanges.

Ce qui me tenait le plus à cœur, c’était le volet serviciel. Pendant la maladie de mon père, je me suis sentie démunie, en manque de conseils sur les dispositifs à solliciter pour lui trouver des solutions adaptées. J’étais perdue face à la lourdeur et à la lenteur des démarches administratives, face à la multiplicité des acteurs : pouvoirs publics, associations, établissements privés… ou, à contrario, désemparée de constater l’inexistence de solutions indispensables, facilement mobilisables. Ce que j’attendais, ce n’était pas seulement une aide ponctuelle pour parer les urgences, mais une méthode, à la fois pour accompagner mon père, mais aussi, pour être moi-même entourée. Par exemple, être prévenue des phases à venir, organisationnelles comme émotionnelles, etc. Ce sont toutes ces dimensions qui sont aujourd’hui prises en charge par le care manager.

Je suis convaincue qu’il n’y a rien de mieux pour construire une offre que de s’appuyer sur des vécus réels, plutôt que sur un sondage abstrait ou des extrapolations. C’est une démarche empirique, qui donne à cette offre une grande crédibilité et légitimité.

Y a-t-il eu des arbitrages difficiles entre ce que les aidants souhaitaient et ce que l’entreprise pouvait proposer ?

Julie Muscedere : Déjà, il faut avoir en tête la contrainte financière. Dans la construction de toute offre, chaque garantie ajoutée a un coût, qui doit rester supportable pour l’entreprise cliente, sans quoi l’offre ne trouve pas preneur, aussi pertinente soit-elle. Cela nous a conduits à plusieurs choix structurants.

Par exemple, sur le complément de salaire. Nous avions d’abord envisagé de le verser dès la première absence, sans exiger de congé légal formalisé. Mais cela nous aurait obligés à vérifier nous-mêmes l’éligibilité de chaque salarié, pour un coût difficile à anticiper. Nous avons donc choisi de nous appuyer sur le cadre légal existant : le care manager aide à monter le dossier de congé légal, et nous complétons ensuite l’allocation versée par la CAF.

Cette logique de soutenabilité a aussi orienté notre stratégie de distribution. Nous ne voulions pas que cette garantie reste hors de portée des plus petites entreprises, qui peuvent avoir déjà du mal à financer leur contrat de prévoyance de base. C’est pourquoi nous l’intégrons sans surcoût à nos produits standards, ceux destinés aux plus petites structures, à partir du 1er octobre. Elle est, en revanche, proposée en option dans les contrats sur mesure des plus grandes entreprises.

Cette démarche a-t-elle vocation à s’élargir, à inspirer d’autres projets ?

Julie Muscedere : C’est déjà le cas. Nous ne sommes plus dans une consultation ponctuelle, en amont ou en validation finale d’un produit terminé : nous essayons désormais d’associer les salariés tout au long du processus. Nous construisons actuellement une offre dédiée aux personnes atteintes d’un cancer, selon cette même logique renforcée : douze entretiens individuels, puis un atelier collaboratif avec des salariés volontaires et des intervenants externes. C’est bien la phase de co-construction elle-même que nous continuons d’approfondir.

Sybille Vachette : Cette démarche me semble en adéquation complète avec l’ADN du Groupe APICIL, avec sa raison d’être en particulier :

« Par une relation proche et attentionnée, soutenir toutes les vies, toute la vie. »

L’aidance, le cancer ou la santé mentale, sont des situations qui peuvent toucher n’importe qui, du jour au lendemain. Je suis fière d’appartenir à un groupe qui inscrit le fait de prendre soin des autres au cœur de ses choix. J’en sors également grandie, professionnellement : je me sens plus armée dans ma fonction RH pour aider et orienter les collaborateurs qui viennent me voir. J’espère enfin qu’une initiative comme celle-ci pourra, à son échelle, nourrir la réflexion sur le sujet de la dépendance au niveau national.

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