Sport, confiance et égalité : quand les trajectoires féminines se croisent sur et en dehors du terrain

Qu’elles soient joueuses de l’Equipe de France de rugby à 7, coachs sportives en entreprise ou athlètes handisport, elles partagent une même certitude : le sport est un formidable levier de confiance, d’émancipation et de transformation des regards.

À travers cette interview croisée, des femmes engagées aux parcours différents racontent ce que le sport leur a permis de construire, les freins qu’elles ont rencontrés, et ce qui doit encore évoluer pour une égalité réelle, sur le terrain comme dans le monde professionnel.

Le déclic : quand le sport devient un révélateur de confiance

Pour beaucoup, tout commence dès l’enfance. Lili Dezou, joueuse de rugby à 7 en équipe de France, se souvient d’un sport qui l’a aidée à sortir de sa réserve : « J’étais une enfant timide, assez introvertie. Le rugby m’a appris que ne pas être comme les autres, ce n’est pas moins bien. Ça m’a aussi appris à m’imposer en tant que femme, dans un environnement très masculin. »

Un cheminement que partagent Hawa Tounkara et Kelly Arbey, également joueuses au sein de l’Equipe de France du rugby à 7 : « Quand j’ai commencé le rugby, je me suis plus dévoilée. J’ose aujourd’hui des choses que je n’aurais jamais faites avant », explique Hawa. « Côtoyer autant de personnes m’a permis de prendre confiance en ce que je dis et en ce que je fais », complète Kelly.

Pour Alycia Christiaens, le rugby a aussi été un refuge. Face au harcèlement scolaire qu’elle a vécu dans ses années collège, elle a entrepris avec son professeur de sport, de créer la section rugby au sein de son établissement : « Partager un sport dit masculin et montrer que j’étais forte m’a permis de me libérer à l’école, puis dans ma vie. »

Côté handisport, Elise Marc, sextuple championne du Monde de paratriathlon et membre de la Team APICIL, se livre et évoque un rôle central du sport dans sa reconstruction : « Après mon accident, le sport m’a permis de retrouver confiance en moi et de continuer à avancer. »
Même écho chez Coralie Louguet, athlète d’e-foil et porteuse d’un handicap invisible, précise

« L’Efoil m’a permis de reprendre le contrôle de ma vie, de mon handicap, et de construire une confiance différente mais bien réelle. »

Dans l’entreprise aussi, le sport agit comme un catalyseur. Adhérentes de la Fédération Française de sport en entreprise, Dorine Millot et Cécile Rodrigues, collaboratrices du Groupe APICIL, et coachs de la section badminton, soulignent sa dimension collective : « Le sport crée du lien social, apprend à se faire confiance et à faire confiance aux autres. »

Le frein : stéréotypes, sexisme et stratégies de résistance

Toutes ont, à des degrés divers, été confrontées à des stéréotypes.
Lili Dezou évoque des remarques persistantes et un plafond structurel : « On nous dit souvent de nous contenter de ce qu’on a, sous prétexte qu’avant c’était pire. Mais pour être égales, il faut les mêmes infrastructures et opportunités. » Kelly Arbey confie son agacement face au dénigrement du sport féminin : « La plupart du temps, je n’écoute pas. Mais parfois, c’est trop, et là je prends position. »

Alycia Christiaens, elle, choisit l’ironie : « On m’a déjà dit que faire du rugby faisait de moi un homme. Je réponds que tout le monde peut faire ce qu’il veut.»

Dans le monde professionnel, Dorine Millot et Cécile Rodrigues notent des progrès, malgré des réflexes persistants :

« Des conseils non sollicités ou des attitudes paternalistes subsistent. Face à ça, on ignore ou on répond par la parole. »

Pour Elise Marc et Coralie Louguet, la réponse passe par l’exemplarité : « Je choisis de m’entourer de personnes qui reconnaissent ma valeur », explique Elise. « Montrer aujourd’hui de quoi je suis capable est une fierté et fait évoluer les mentalités », ajoute Coralie.

La projection : quelles évolutions pour une égalité réelle ?

Toutes s’accordent sur un point : les progrès sont réels, mais insuffisants.
Lili Dezou appelle à davantage de reconnaissance pour les sportives amateures qui n’ont pas eu l’opportunité d’être sous contrat. Ces femmes cumulent leur emploi ou leurs études et leur sport pratiqué en club : « Si les gens voyaient tous les efforts qu’elles font, leur regard sur le sport féminin changerait. »

Dorine Millot et Cécile Rodrigues insistent sur l’éducation : « Il faut permettre aux petites filles d’avoir les mêmes rêves et ambitions que les garçons. »

Kelly Arbey met en garde contre la comparaison permanente avec le passé :

« Se dire “avant c’était pire” freine la progression. Il faut regarder ce qu’on peut atteindre. »

Un message partagé par Alycia Christiaens : « On est en 2026. Personne ne devrait se mettre des limites à cause du regard des autres. »

Enfin, Coralie Louguet résume l’enjeu commun au sport et à l’entreprise : « Garantir que les opportunités reposent sur les compétences et les résultats, pas sur des stéréotypes. »

Un engagement collectif qui fait sens

En soutenant le sport féminin, le sport en entreprise et les athlètes handisport, le Groupe APICIL agit concrètement pour faire évoluer les représentations et favoriser une société plus inclusive, sur tous les terrains.