Quels profils et quels secteurs sont les plus touchés par l’absentéisme ? Quels sont les points de vigilance et les leviers permettant d’agir en prévention ? Consultez les rapports de l’Observatoire.
Les données analysées
Chaque édition annuelle met en avant des données éclairantes sur les arrêts de travail :
- le taux d’absentéisme global ;
- la part de salariés ayant été en arrêt maladie au cours de l’année ;
- la durée moyenne des arrêts ;
- la nature des arrêts et les causes des absences longues ;
- les profils concernés ;
- les secteurs d’activité les plus impactés.
Ces données sont mises en perspective en fonction de leur évolution par rapport aux années précédentes.
L’un des principaux apports de l’édition 2026 est l’introduction de variables bidimensionnelles. En croisant deux caractéristiques, comme l’âge et la catégorie socioprofessionnelle, elles montrent que les écarts d’absentéisme s’accentuent lorsque plusieurs facteurs défavorables se cumulent.
Découvrez une synthèse générale en introduction de chaque rapport, avant de parcourir les statistiques, les analyses détaillées et les leviers de prévention.

Des évolutions et des indicateurs forts pour les entreprises

En 2025, le taux d’absentéisme atteint 4,68 %, contre 4,41 % en 2024, soit une progression de 0,27 point. Il dépasse ainsi le niveau de 2022, qui s’établissait à 4,61 %. Cette hausse s’explique principalement par l’augmentation du nombre d’arrêts de plus de 90 jours. La part de salariés absents au moins une fois progresse également, de 26,98 % à 27,68 %, tandis que le nombre moyen d’arrêts par salarié absent passe de 1,83 à 1,90.
Dans le même temps, la durée moyenne des arrêts diminue de 19,85 à 19,45 jours. Le micro-absentéisme, correspondant aux arrêts de moins de trois jours, représente désormais 23,55 % des arrêts, contre 21,92 % en 2024 : près d’un arrêt sur quatre. Les arrêts de plus de 90 jours concentrent toutefois plus de la moitié du taux d’absentéisme, et ceux de plus de 30 jours près des trois quarts.
La maladie demeure de loin le premier motif, avec 90,03 % des arrêts en 2025. Les temps partiels thérapeutiques deviennent le deuxième motif : leur part passe de 3,46 % à 4,57 %, soit une hausse de plus de 32 %, tandis que leur durée moyenne recule de 44,15 à 35,99 jours. Les maladies professionnelles restent les arrêts les plus longs, avec une durée moyenne de 115,67 jours, devant les accidents du travail, à 43,12 jours.
La cellule médicale du Groupe APICIL a contrôlé 7 791 arrêts de plus de 30 jours en 2025. Les troubles psychiques représentent 42,75 % de ces arrêts et les troubles musculosquelettiques 30,54 %. Ensemble, ils sont associés à plus de 73 % des arrêts longs contrôlés. Sur un an, la part des troubles psychiques progresse de 2,92 points, tandis que celle des troubles musculosquelettiques recule de 1,92 point.

Des constantes significatives
Les écarts d’absentéisme restent marqués. En 2025, le taux atteint 6,52 % chez les ouvriers, contre 2,52 % chez les cadres ; 5,92 % chez les salariés de 60 ans et plus, contre 3,54 % chez les moins de 30 ans ; et 5,60 % chez les femmes, contre 3,76 % chez les hommes. Le croisement des facteurs révèle des écarts encore plus importants : le taux des ouvriers de 60 ans et plus s’élève à 8,94 %, soit 5,69 fois celui des cadres de moins de 30 ans, établi à 1,57 %.
L’édition 2026 distingue désormais 13 secteurs d’activité. La santé est le secteur le plus touché, avec un taux d’absentéisme de 7,22 % et la durée moyenne la plus longue, à 28,31 jours. Elle est suivie par l’économie sociale (6,28 %), la filière alimentaire et agricole (5,95 %) et le transport (5,55 %). À l’opposé, les banques et assurances affichent le taux le plus faible, à 2,80 %, et la durée moyenne la plus courte, à 13,92 jours.
Le type de contrat a également un impact. Le taux d’absentéisme des salariés en CDI atteint 4,97 %, contre 1,99 % pour ceux en CDD. Leur durée moyenne d’arrêt est respectivement de 21,31 et 9,14 jours. La proportion de salariés absents au moins une fois s’élève à 32,10 % en CDI, contre 13,36 % en CDD. Le rapport souligne que la précarité liée aux contrats courts peut conduire certains salariés à travailler alors que leur état de santé justifierait un arrêt.

Comment prévenir l’absentéisme en 2026 ?
Dans la conclusion de l’édition 2026, Stéphane Roose, Directeur associé au Pôle Conseil du Groupe JLO, recommande une démarche sur mesure en trois étapes :
- Établir un diagnostic quantitatif approfondi en analysant dans le temps le taux, la durée, la fréquence, la récurrence, la saisonnalité et les motifs des arrêts, puis en croisant ces données avec les profils et les métiers.
- Compléter cette analyse par un diagnostic qualitatif donnant la parole aux salariés, aux managers, aux représentants du personnel et aux acteurs de la santé au travail afin d’identifier les causes concrètes des absences.
- Déployer un plan d’action ciblé et suivi portant notamment sur l’organisation du travail, les risques psychosociaux et les troubles musculosquelettiques, les pratiques managériales, l’adaptation des postes, le maintien du lien pendant les absences longues et la préparation du retour au travail.
Les rapports annuels de l’Observatoire des arrêts de travail
Pour approfondir ces données et nourrir vos propres plans d’action en matière de prévention et de QVCT, consultez tous nos documents sur le Rapport de l’Observatoire des Arrêts de Travail 2026 :
Découvrez également nos éditions des années précédentes :
