Depuis plus de dix ans, le Groupe APICIL et le Centre de recherche de l’Institut Lyfe (ex Institut Paul Bocuse) co-publient des réponses à ces questions, fondées sur des travaux doctoraux rigoureux, traduites en langage accessible. Dix livrets. Dix chercheurs. Une même conviction : mieux comprendre ce que l’on mange, c’est déjà mieux vivre.
APICIL et l’Institut Lyfe : un partenariat au service du bien manger
Depuis plus de dix ans, le Groupe APICIL et le Centre de recherche de l’Institut Lyfe (anciennement Institut Paul Bocuse) unissent leurs expertises autour d’une conviction partagée : la nutrition est un levier majeur de santé, et la recherche qui l’éclaire mérite d’être connue au-delà des cercles académiques.
Le Centre de recherche de l’Institut Lyfe associe, depuis 2008, chercheurs et spécialistes des arts culinaires dans des programmes pluridisciplinaires mêlant sciences sociales, sciences cognitives et sciences de la nutrition. Leur approche repose sur des observations menées en contexte réel (foyers, services hospitaliers, environnements professionnels), ce qui ancre les résultats dans le quotidien des gens.
C’est précisément ce qui a rapproché les deux institutions. En publiant conjointement les conclusions de ces travaux sous forme de livrets gratuits et accessibles, APICIL et l’Institut Lyfe font le pari que l’information scientifique rigoureuse peut, et doit, atteindre les particuliers, les familles et les aidants, pas seulement les professionnels de santé.
Dix livrets, dix façons différentes de regarder l’assiette
La collection ne répond pas à une logique de catalogue. Chaque livret est la traduction grand public d’une thèse de doctorat : une question précise, une méthodologie rigoureuse, des résultats qui bousculent parfois les idées reçues. Voici ce que l’on y trouve.
Grand âge, Alzheimer et maladies apparentées – 1er livret
Issu de la thèse de Virginie Pouyet, récompensée par la médaille d’argent du ministère de l’Agriculture, ce premier livret ouvre la collection sur un sujet trop souvent mis de côté : comment l’avancée en âge et les maladies neurodégénératives transforment profondément le rapport à la nourriture (la perception des saveurs, le plaisir de manger, mais aussi les risques de dénutrition). Un éclairage essentiel pour les proches et les aidants.
Des légumes et des enfants – 2e livret
Les légumes, c’est bon pour la santé. Tout le monde le sait. Mais pourquoi les enfants les refusent-ils si souvent ? David Morizet a creusé la question dans sa thèse, en explorant les mécanismes d’acceptation et de refus alimentaires chez le jeune enfant. Ce livret donne des pistes concrètes pour encourager la variété sans en faire un combat quotidien.
Snacking, grignotage… un impact de poids – 3e livret
La thèse de Xavier Allirot ne condamne pas le grignotage, elle l’examine. Faim réelle ou réponse à une stimulation émotionnelle ? Habitude ou stratégie de compensation ? Ce livret démêle les mécanismes de la prise alimentaire hors repas et ce qu’ils révèlent de nos rapports au corps, à la satiété et au plaisir.
Autisme, des enfants bien dans leur assiette – 4e livret
Sensibilités sensorielles accrues, rituels alimentaires stricts, répertoire très restreint : les enfants autistes entretiennent avec la nourriture un rapport qui reste souvent incompris. La thèse d’Anne-Claude Luisier apporte un cadre scientifique à ces comportements et propose des approches adaptées pour que le repas redevienne, autant que possible, un moment apaisé.
Le plaisir de manger sous chimiothérapie – 5e livret
Pendant un traitement par chimiothérapie, l’alimentation devient un défi quotidien : nausées, altération du goût, perte d’appétit. La thèse de Kenza Draren explore comment maintenir, malgré tout, un rapport positif à la nourriture. Un livret à destination des patients et de ceux qui les entourent.
Déjeuner au travail, une question de temps – 6e livret
Vingt minutes chrono, un écran en face, une barre de céréales à la hâte. La thèse de Camille Massey documente ce que le travail fait à notre alimentation et ce que notre façon de déjeuner dit de notre rapport au temps, à nous-mêmes et à l’organisation collective. Un livret qui donne à réfléchir bien au-delà de la pause méridienne.
Chirurgie bariatrique et goûts, ce qui change – 7e livret
Huit millions de personnes sont touchées par l’obésité en France. La chirurgie bariatrique est souvent présentée comme le traitement le plus efficace pour une perte de poids durable, mais que se passe-t-il après l’opération ? La thèse d’Erika Guyot révèle que les changements alimentaires post-opératoires sont bien plus complexes qu’une simple réduction des quantités. Un livret qui invite à penser la chirurgie bariatrique comme un point de départ, pas comme une solution en soi.
Mieux comprendre les rejets alimentaires des jeunes enfants – 8e livret
“Mon enfant ne mange que des pâtes”. “Il refuse tout ce qui est vert”. “Il veut toujours la même chose, préparée exactement de la même façon”. Néophobie alimentaire, sélectivité, influence génétique et environnementale : la thèse de Damien Foinant donne enfin un cadre scientifique à ces comportements qui épuisent les parents, et démontre surtout qu’ils ne sont pas une fatalité. Pédagogie, dégustation, implication en cuisine : des leviers concrets existent pour élargir progressivement le répertoire alimentaire de l’enfant.
À table en famille – 9e livret
Menée à partir d’observations dans des familles françaises et australiennes, la thèse de Fairley Le Moal dissèque ce moment en apparence simple qu’est le repas en famille. Contraintes temporelles, impératif diététique, préférences individuelles à concilier, charge mentale portée par les mères, rôle épicurien des pères : le repas familial est un objet social complexe, et ce livret le documente avec une précision qui donne à la fois à réfléchir et à souffler.
Quand contrôle rime avec perte de contrôle – 10e livret
Surveiller ce que l’on mange peut devenir, insidieusement, une façon de perdre pied avec son alimentation. La thèse de Clara Lakritz explore les dynamiques paradoxales des comportements de restriction alimentaire et éclaire les mécanismes psychologiques qui peuvent mener aux troubles du comportement alimentaire. Un livret exigeant et nécessaire, pour les personnes concernées comme pour leur entourage.
